Célébrons la chaîne de valeur canadienne! - Journée d'affranchissement des dépenses alimentaires
Célébrons la chaîne de valeur canadienne! - Journée d'affranchissement des dépenses alimentaires https://www.lepoulet.qc.ca/data/Thumbnails/6bbe82c6-5378-42c2-a874-8ab2f1cdff9a/6bbe82c6-5378-42c2-a874-8ab2f1cdff9a_0x600.jpg fr

Chaque année, la Fédération canadienne de l'agriculture (FCA) calcule la date à laquelle le Canadien moyen aura gagné suffisamment d'argent pour payer son épicerie de l'année entière. En 2014, cette date, baptisée « Journée d'affranchissement des dépenses alimentaires », tombe le 7 février.

Au Canada, nous jouissons d'un approvisionnement alimentaire sûr et abondant, et ce, grâce à tous les acteurs de la filière. Nous avons donc décidé de profiter de la Journée d'affranchissement des dépenses alimentaires de 2014 pour célébrer notre chaîne de valeur et nos produits, car il nous semble particulièrement important aujourd'hui de soutenir la production alimentaire de chez nous.

Nous continuons de remarquer qu'une bonne partie de la population accorde une grande importance à l'achat de produits locaux ou canadiens. Selon un sondage commandité par Financement agricole Canada, 95 % des répondants convenaient qu'ils accordaient la priorité ou la préférence à l'achat de produits alimentaires locaux. Par contre, seulement 43 % se disaient prêts à débourser davantage pour ces mêmes produits [1]. Une étude réalisée par le centre George Morris montre que même s'il a été avancé que 80 % des consommateurs choisissent des aliments locaux de préférence à d'autres aliments, des recherches récentes portent à croire qu'un taux de 40 % serait plus réaliste [2]. Ces rapports nous montrent que même si l'idée de l'achat local plaît au consommateur canadien, d'autres facteurs entrent en ligne de compte au moment de prendre les décisions d'achat à l'épicerie. 

 À ce titre, le coût est souvent invoqué. Et c'est compréhensible, car beaucoup de familles doivent composer avec des budgets serrés, mais il importe toutefois d'avoir une vue d'ensemble. L'industrie alimentaire canadienne fournit l'un des paniers d'épicerie les moins chers du monde. En comparant les dépenses d'épicerie dans divers pays en 2012, le département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) a constaté que les Canadiens étaient, après les Américains et les Britanniques, ceux qui consacraient le plus petite part de leur budget à l'épicerie [3]. Statistique Canada prévoit que les Canadiens auront consacré 10,6 % de leur revenu disponible à l'alimentation en 2013.  Compte tenu des rigoureuses normes appliquées ici pour le travail, l'environnement et la salubrité des aliments, c'est tout un défi pour les agriculteurs canadiens de maintenir des prix aussi abordables. Nos agriculteurs apprécient donc grandement que leurs concitoyens reconnaissent la rigueur des normes appliquées, la qualité des produits offerts et les retombées économiques de l'achat local.

Les décisions prises à l'épicerie ont en effet des retombées considérables. Par exemple, en 2008, chaque dollar dépensé dans les marchés publics en Ontario a généré pour 3,24 $ en moyenne d'activité économique dans la province [4]. Que vous achetiez des aliments de votre région, de votre province ou d'ailleurs au Canada, vous soutenez et renforcez la chaîne de valeur canadienne. 

 Bonne nouvelle, les études continuent de montrer que les Canadiens sont de plus en plus loyaux à la production alimentaire locale, en particulier les fruits et légumes, les fromages, le bœuf et la volaille. Mais qu'en est-il des produits canadiens à valeur ajoutée qui sont conditionnés et transformés? 

La transformateurs canadiens continuent d'innover pour offrir une gamme de nouveaux produits alimentaires qui répondent aux besoins nutritionnels et conviennent au mode de vie des consommateurs, de plus en plus soucieux de leur santé. Pourtant, une étude réalisée en 2012 par l'Institut canadien des politiques agroalimentaires a révélé que le Canada importe de plus en plus d'aliments transformés. Depuis 2004, ces importations ont augmenté d'environ 60 % au Canada tandis que les exportations stagnent [5]. Il y a donc moins de place sur les tablettes pour les produits canadiens. Qui plus est, l'industrie canadienne de la fabrication d'aliments vit une période difficile, comme le montre la multiplication des fermetures d'usines un peu partout au pays. Depuis 2007, plus de 80 usines de transformation alimentaire ont fermé au Canada, dont Heinz et Kellogg dernièrement [6]. Quand on sait que ces entreprises achètent environ 35 % de la production agricole canadienne et que l'industrie qu'elles forment emploie quelque 290 000 Canadiens, on commence à saisir à quel point la chaîne de valeur canadienne est tissée serrée [7]. Du coup, on comprend mieux la nécessité d'un plan, d'une vision à long terme pour notre système de production et d'approvisionnement alimentaires. Cela coule de source pour la FCA, qui travaille avec ses partenaires de toute la filière à élaborer une stratégie alimentaire nationale. 

 Source : Fédération canadienne de l'agriculture (FCA)

[1] Enquête commanditée par FAC, 2011 (en anglais seulement) : http://www.betterfarming.com/online-news/consumers-want-local-foods-are-reluctant-pay-more-survey-4379

[2] Local Food - The Untold Story, Centre George Morris, 2007 (en anglais seulement) :http://www.georgemorris.org/publications/file.aspx?id=d83b5723-1334-4254-ac7a-f0a10aac6467

[3] Rapport du service de recherche du Congrès des É.-U. sur les consommateurs et l'inflation des prix des aliments, 2013 (en anglais seulement) : http://www.fas.org/sgp/crs/misc/R40545.pdf

[4] Rapport sur l'impact économique des marchés publics en Ontario, 2011 (en anglais seulement) :   http://www.planscape.ca/planscapePDFs/46-plan1.pdf )

[5] Rapport de l'ICPA, 2012 : http://capi-icpa.ca/pdfs/2012/CAPI_Processed-Food_FRA_Nov2012.pdf

[6] Les transformateurs d'aliments du Canada craignent des pertes d'emplois massives (en anglais seulement) : http://www.cbc.ca/news/canada/windsor/canadian-food-processors-fear-massive- job-loss-1.1158172 )